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                        <titleStmt>
                              <title type="notice"> Touraine </title>
                              <author>Marie-Laure Legay</author>
                        </titleStmt>
                        <publicationStmt>
                              <publisher> MESHS de Lille dans le cadre de l'ANR FermeGé Administrer
                                    le privilège la Ferme générale dans l'espace français et
                                    européen (1664-1794)Axe 1 : Dictionnaire de la Ferme générale,
                                    objet d'histoire totale </publisher>
                              <pubPlace>
                                    <address>
                                          <addrLine> Maison Européenne des Sciences de l'Homme et de
                                                la Société </addrLine>
                                          <addrLine> 2 rue des cannoniers </addrLine>
                                          <addrLine> 59002 Lille Cedex </addrLine>
                                    </address>
                                    2021-2025
                              </pubPlace>
                              <availability>
                                    <licence>Creative Commons Attribution 3.0 non
                                          transposé (CC BY 3.0)</licence>
                              </availability>
                        </publicationStmt>
                        <seriesStmt>
                              <title> Dictionnaire numérique de la Ferme générale </title>
                              <respStmt>
                                    <resp> Coordinateurs de l'axe : Dictionnaire numérique de la
                                          Ferme générale, objet d'histoire totale. </resp>
                                    <persName> Marie-Laure Legay </persName>
                                    <persName> Thomas Boullu </persName>
                              </respStmt>
                        </seriesStmt>
                        <sourceDesc><bibl><idno type="ArchivalIdentifier">AN, G1 73 :
                                                  personnel, <hi rend="italic">Direction des gabelles de Tours (bail
                                                  de Mager)</hi></idno>
                                          </bibl>
                                          <bibl>
                                                <idno type="ArchivalIdentifier">AD Indre-et-Loire,
                                                  C 336, manuscrit  « Description des trois provinces
                                                  de Touraine, Maine, Anjou et dénombrement de leur
                                                  population (1762-1766) », 775 p.</idno>
                                          </bibl>
                                          <bibl><idno type="ArchivalIdentifier"> BM Tours, Ms
                                                  1212 </idno>; </bibl>
                                          <bibl type="sources"><hi rend="italic">Lettres patentes qui ordonnent
                                                l'establissement d'une maison de force dans la ville
                                                de Sainte-Maure en Touraine, pour y renfermer les
                                              faux-saunières, données à Versailles</hi>, 8 janvier
                                                1723</bibl>
                                          <bibl type="sources"><hi rend="italic">Édit du roi portant suppression des
                                                greniers à sel établis dans la ville et bourgs de
                                                Saint-Calais, Bourgeüil et Bony, établissement de
                                                nouveaux greniers dans les villes de Vihiers,
                                                Loudun, Mirbeau, Aubigny et Malesherbes… et
                                                règlement pour l'arrondissement des ressorts des
                                                autres greniers des directions d'Angers, Tours et
                                              Bourges et partie de celle d'Orléans</hi>, Paris,
                                                Louis-Denis Delatour, 1727</bibl>
                                          <bibl type="sources"><hi rend="italic">Arrêt contradictoire du Conseil
                                                d'Etat, qui déboute les maires et échevins de la
                                                ville de Tours, de la tierce opposition par eux
                                                formée à l'ordonnance contradictoire du sieur
                                                intendant de Tours… par laquelle les nommés
                                                Berthereau, Couturier et les gens du commun
                                                habitants de ladite ville, ont été condamnés à
                                              souffrir les visites… des commis aux Aides</hi>, 31
                                                décembre 1754</bibl>
                                          <bibl>François Dumas, <hi rend="italic">La généralité de Tours au XVIIIe
                                                siècle. Administration de l’intendant du Cluzel
                                              (1766- 1783)</hi>, Paris, Hachette, 1894</bibl>
                                          <bibl>Micheline Huvet-Martinet, « La répression du
                                                faux-saunage dans la France de l'Ouest et du Centre
                                                à la fin de l'Ancien Régime (1764-1789) », <hi rend="italic">Annales
                                                  de Bretagne et des pays de l'Ouest</hi>, t.84, 2, 1977</bibl>
                                          <bibl>Brigitte Maillard, <hi rend="italic">Les campagnes de Touraine au
                                                XVIIIe siècle. Structures agraires et économie
                                              rurale</hi>, Rennes, Presses Universitaires de Rennes,
                                                1998</bibl>
                                          <bibl>Rolande Collas, <hi rend="italic">La contrebande du sel entre
                                              Touraine et Poitou (1680-1790)</hi>, Chambray-les-Tours,
                                                CLD, 2000</bibl>
                                    </sourceDesc></fileDesc>
                  <encodingDesc>
                        <projectDesc source="https://anr.fr/fr/projets-finances-et-impact/projets-finances/projet/funded/project/anr-21-ce41-0019/?tx_anrprojects_funded%5Bcontroller%5D=Fundedamp;cHash=5c64d94ca826534590e484c6f39658b3">
                              <p> Le projet FermGé vise à étudier l’impact d’une organisation
                                    fiscale (1664-1794), discriminante mais rationnelle, sur les
                                    territoires et les sociétés de la France moderne/p </p>
                        </projectDesc>
                  </encodingDesc>
                  <profileDesc>
                        <textClass>
                              <keywords scheme="#fr_RAMEAU">
                                    <list>
                                          <item> Histoire -- Histoire moderne -- Histoire
                                                administrative </item>
                                          <item> Histoire -- Histoire moderne -- Histoire fiscale </item>
                                          <item> Histoire -- Histoire moderne -- Histoire financière
                                          </item>
                                    </list>
                              </keywords>
                        </textClass>
                  </profileDesc>
                  <revisionDesc>
                        <change type="AutomaticallyEncoded"> 2022-12-20T15:55:56.493314+2:00
                        </change>
                  </revisionDesc>
            </teiHeader>
            <text>
                  <body>
                        <entry n="222" type="T" xml:id="Touraine">
                              <form type="lemma">
                                    <orth> Touraine </orth>
                              </form>
                              <sense>
                                    <def> Dans le ressort des <ref target="#fermes">Cinq grosses fermes</ref>, la <ref target="#Touraine">Touraine</ref> formait, avec l’<orgName subtype="province" type="pays_et_provinces"><ref target="#Anjou">Anjou</ref>
                                         </orgName> et le Maine, la <orgName subtype="administrations_juridictions_royales" type="administrations_juridictions"> généralité de
                                                Tours</orgName>. L’historien dispose pour ces
                                          provinces d’une statistique financière intéressante établie
                                          à partir des états comptables des élections et des
                                          directions de la Ferme générale en 1762. D’après l’auteur, tous ces détails  « ont été
                                          directement extraits des Bureaux de l’intendance ». Le
                                          document donne par ailleurs l’évaluation détaillée des
                                          frais de perception de chaque prélèvement.
                                        <figure>
                                            <graphic url="/static/images/touraine_table.jpg"/>
                                            <head>
                                                Produits (en l.t.) des droits levés par les Fermes générales dans la généralité de Tours (1762), AD Indre-et-Loire, C 336 et BM de Tours, ms 1212
                                            </head>
                                        </figure><ref target="#Touraine">Touraine</ref> se trouvait
                                          en pays de <ref target="#gabelles">Grandes gabelles
                                         </ref>. Le sel venait de <ref target="#Nantes"> Nantes
                                         </ref>, remontait la <ref target="#Loire"> Loire</ref>,
                                          puis la Vienne. Il était débarqué à Chinon, chargé sur des
                                          charrettes et distribué dans les <ref target="#greniers">
                                                greniers</ref> d’impôt. En 1762, la recette des droits sur le sel montait à
                                          1 047 360 livres dans les six élections dépendant de
                                          Tours, soit 3, 7 livres par tête. Située au contact de pays
                                                <ref target="#rédimés"> rédimés</ref> (<orgName subtype="province" type="pays_et_provinces">
                                                <ref target="#Poitou"> Poitou</ref>
                                         </orgName>), la province était protégée par trois lignes
                                          de contrôle : en face des <ref target="#greniers">
                                                greniers</ref> de vente volontaire (Tours, Amboise
                                          et Langeais sur la Loire, Montrichard sur le Cher et
                                          Loches sur l’Indre) furent édifiés des <ref target="#greniers"> greniers</ref> d’impôt (Saumur,
                                          Chinon (sauf la ville, en vente volontaire), Sainte-Maure,
                                                <ref target="#Richelieu"> Richelieu</ref> (qui
                                          avait le privilège du sel de <ref target="#franchise">
                                                franchise</ref>), La Haye, Preuilly, puis
                                          Mirebeau), et plus au sud, des <ref target="#dépôts">
                                                dépôts</ref> (Thouars, Châtellerault, Le Blanc).
                                          Cette troisième ligne fut renforcée par des <ref target="#brigades"> brigades</ref> placées le long
                                          de la Vienne, de Montsoreau à l'Ile-Bouchard. La <ref target="#direction"> direction</ref> des gabelles
                                          de Tours préférait axer la défense sur les voies
                                          terrestres, mais elle remaniait souvent ses lignes de
                                          brigades pour les déployer sur le Cher et la Loire, comme
                                          en 1788.<placeName type="lieux_controle"> brigades de
                                                Coussay</placeName> (6), Lairault (6), Cernay (6),
                                          Lencloître à cheval (6), La Jarrerie (6), Pas de Groie
                                          (6), La Bruère (6), Châtellerault (6), pont d’Estrée (6)
                                          et Pouthumé (6). La deuxième ligne comprenait 93 hommes,
                                          répartis en deux inspections, celle de Loudun (42 hommes)
                                          avec les <placeName type="lieux_controle"> brigades de
                                                Basmenil</placeName> (6), Ternay (6), La Bruyère
                                          (8), Loudun (6), Rossay (6), Maulay (6) et Neuil (8) ; et
                                          celle de Vellèches (51 hommes) avec les <ref target="#brigades"> brigades</ref> de
                                          Faye-la-Vineuse à cheval ou Saint-Jouin (6), Guénet (6),
                                          La Marquiserie (8), Vellèches à cheval (6), la <ref target="#patache"> patache</ref> de Saint-Romain
                                          (8), Les Bernadries (8) et la <ref target="#patache">
                                                patache</ref> de Rives (8). La troisième ligne
                                          comprenait 74 hommes sous la direction du capitaine de
                                          l’inspection de Chinon, avec les <placeName type="lieux_controle"> brigades de Brezé
                                    </placeName> (6), Epiers (6), Faix (6), Roissé (6), Petit
                                          ou grand Ormeau (8), Chavenay (6), Marsay (8), Grazais
                                          (6), mais aussi les brigades de l’intérieur à Candes (8),
                                          Chinon (8) et L’Isle-Bouchard (6). Dans le ressort du
                                          contrôle de Loches, la première ligne comprenait 88 hommes
                                          répartis entre l’inspection de Coussay (55 hommes) avec
                                          les <ref target="#brigades"> brigades</ref> de Beauregard
                                          (6), Saint-Sauveur (6), Les Minaudières (8), Coussay (8),
                                          Messonneau (6), la <ref target="#patache"> patache</ref>
                                          de La Roche-Posay (8), Moulin aux Moines (6) et Yseures
                                          (6) ; l’inspection de Tournon-Saint-Martin (43 hommes)
                                          comprenait les brigades suivantes : Baratières (6),
                                          Varenne (6), La Pouzezières (6), Launay (6),
                                          Tournon-Saint-Martin (6), Condom (6) et Preuilly-la-Ville
                                          (6). La deuxième ligne s’organisait en une seule
                                          inspection basée à Preuilly avec les <placeName type="lieux_controle"> brigades de Habilly
                                    </placeName> (6), Saint-Martin à cheval (6), Chaumussay
                                          (8), Preuilly à pied (8), La Rocherau à cheval (6),
                                          Martizay à pied (8) et Lingé à cheval (6), soit en tout 49
                                          hommes. La troisième ligne en revanche s’organisait en
                                          deux inspections, celle de Nouâtre, soit 58 hommes
                                          répartis entre les <placeName type="lieux_controle">
                                                brigades de Champigny</placeName> (8), La
                                          Chevalerie (8), Chezelles (6), Rilly (6), Draché à cheval
                                          (6), Civray à cheval (6), la <ref target="#patache">
                                                patache</ref> de Nouâtre (8) et la brigade du
                                          Port-de-Piles (9) ; dans le ressort de l’inspection de
                                          Saint-Flovier, on comptait 55 hommes répartis entre les
                                                <placeName type="lieux_controle"> brigades de Cussay
                                    </placeName> (8), Ferrières à cheval (6), Sainte-Juliette
                                          à pied (6), Saint-Flovier (6), La Bretière (6),
                                          Cléré-du-Bois (6), Mars (6), Villiers (6) et Chatillon à
                                          cheval (4). Enfin, le contrôle général de Tours
                                          entretenait, sur la recette générale du <ref target="#tabac"> tabac</ref>, un capitaine, un
                                          brigadier, un sous-brigadier et 9 gardes, ainsi que deux
                                          brigades installées à Langeais (6 brigadiers à pied) et à
                                          La Chapelle Blanche (6), soit en tout 24 hommes. Pour
                                          défendre ces lignes, la Ferme générale entretenait au
                                          total 596 hommes pour un coût annuel de 243 040 livres.
                                          Malgré tout, les faux-sauniers ramenaient des salorgues du
                                                <orgName subtype="province" type="pays_et_provinces">
                                                <ref target="#Poitou"> Poitou</ref>
                                         </orgName> quantités de sel qui limitaient les profits de
                                          la Ferme générale. Les <ref target="#femmes"> femmes
                                         </ref> notamment, passaient les lignes avec des chevaux
                                          chargés de sel, ce qui engagea le gouvernement à établir
                                          pour elles une prison à Sainte-Maure, maison de force très
                                          vite débordée par le nombre de détenues et finalement
                                          supprimées en 1727.<ref target="#Touraine">Touraine</ref>
                                          (595 900 livres de recettes en 1762 dans les six élections de la province, soit 2, 1
                                          livres par habitant), que ceux de l’<orgName subtype="province" type="pays_et_provinces">
                                                <ref target="#Anjou">Anjou</ref>
                                         </orgName> (1, 7) et du Maine (1, 3). Ce fut toutefois sur
                                          l’idée que les denrées n’étaient pas chères en <ref target="#Touraine">Touraine</ref>
                                          que Louis XV ordonna le retrait des troupes du <ref target="#Canada"> Canada</ref> défaites en 1762 dans cette province.
                                          Contre ces taxes à la consommation, les habitants
                                          tentèrent de se défendre. La <placeName type="lieux_habitations"> ville de Tours
                                    </placeName> requéra contre la <ref target="#visite">
                                                visite</ref> des commis par exemple. Elle dut
                                          toutefois accepter le règlement défini en février 1731 autorisant de telles
                                          visites lorsque la consommation, évaluée à l’entrée de la
                                          ville, était jugée suspecte.<ref target="#Touraine">Touraine</ref> n’eût pas
                                          de direction des traites, des droits étaient enregistrés à
                                          Tours. La recette s’élevait en 1762 à 137 777 livres. </def>
                                    <listBibl><bibl><idno type="ArchivalIdentifier">AN, G1 73 :
                                                  personnel, <hi rend="italic">Direction des gabelles de Tours (bail
                                                  de Mager)</hi></idno>
                                          </bibl>
                                          <bibl>
                                                <idno type="ArchivalIdentifier">AD Indre-et-Loire,
                                                  C 336, manuscrit  « Description des trois provinces
                                                  de Touraine, Maine, Anjou et dénombrement de leur
                                                  population (1762-1766) », 775 p.</idno>
                                          </bibl>
                                          <bibl><idno type="ArchivalIdentifier"> BM Tours, Ms
                                                  1212 </idno>; </bibl>
                                          <bibl type="sources"><hi rend="italic">Lettres patentes qui ordonnent
                                                l'establissement d'une maison de force dans la ville
                                                de Sainte-Maure en Touraine, pour y renfermer les
                                              faux-saunières, données à Versailles</hi>, 8 janvier
                                                1723</bibl>
                                          <bibl type="sources"><hi rend="italic">Édit du roi portant suppression des
                                                greniers à sel établis dans la ville et bourgs de
                                                Saint-Calais, Bourgeüil et Bony, établissement de
                                                nouveaux greniers dans les villes de Vihiers,
                                                Loudun, Mirbeau, Aubigny et Malesherbes… et
                                                règlement pour l'arrondissement des ressorts des
                                                autres greniers des directions d'Angers, Tours et
                                              Bourges et partie de celle d'Orléans</hi>, Paris,
                                                Louis-Denis Delatour, 1727</bibl>
                                          <bibl type="sources"><hi rend="italic">Arrêt contradictoire du Conseil
                                                d'Etat, qui déboute les maires et échevins de la
                                                ville de Tours, de la tierce opposition par eux
                                                formée à l'ordonnance contradictoire du sieur
                                                intendant de Tours… par laquelle les nommés
                                                Berthereau, Couturier et les gens du commun
                                                habitants de ladite ville, ont été condamnés à
                                              souffrir les visites… des commis aux Aides</hi>, 31
                                                décembre 1754</bibl>
                                          <bibl>François Dumas, <hi rend="italic">La généralité de Tours au XVIIIe
                                                siècle. Administration de l’intendant du Cluzel
                                              (1766- 1783)</hi>, Paris, Hachette, 1894</bibl>
                                          <bibl>Micheline Huvet-Martinet, « La répression du
                                                faux-saunage dans la France de l'Ouest et du Centre
                                                à la fin de l'Ancien Régime (1764-1789) », <hi rend="italic">Annales
                                                  de Bretagne et des pays de l'Ouest</hi>, t.84, 2, 1977</bibl>
                                          <bibl>Brigitte Maillard, <hi rend="italic">Les campagnes de Touraine au
                                                XVIIIe siècle. Structures agraires et économie
                                              rurale</hi>, Rennes, Presses Universitaires de Rennes,
                                                1998</bibl>
                                          <bibl>Rolande Collas, <hi rend="italic">La contrebande du sel entre
                                              Touraine et Poitou (1680-1790)</hi>, Chambray-les-Tours,
                                                CLD, 2000</bibl>
                                    </listBibl></sense>
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