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                        <titleStmt>
                              <title type="notice"> Traite de Tadoussac </title>
                              <author>Marie-Laure Legay</author>
                        </titleStmt>
                        <publicationStmt>
                              <publisher> MESHS de Lille dans le cadre de l'ANR FermeGé Administrer
                                    le privilège la Ferme générale dans l'espace français et
                                    européen (1664-1794)Axe 1 : Dictionnaire de la Ferme générale,
                                    objet d'histoire totale </publisher>
                              <pubPlace>
                                    <address>
                                          <addrLine> Maison Européenne des Sciences de l'Homme et de
                                                la Société </addrLine>
                                          <addrLine> 2 rue des cannoniers </addrLine>
                                          <addrLine> 59002 Lille Cedex </addrLine>
                                    </address>
                                    2021-2025
                              </pubPlace>
                              <availability>
                                    <licence>Creative Commons Attribution 3.0 non
                                          transposé (CC BY 3.0)</licence>
                              </availability>
                        </publicationStmt>
                        <seriesStmt>
                              <title> Dictionnaire numérique de la Ferme générale </title>
                              <respStmt>
                                    <resp> Coordinateurs de l'axe : Dictionnaire numérique de la
                                          Ferme générale, objet d'histoire totale. </resp>
                                    <persName> Marie-Laure Legay </persName>
                                    <persName> Thomas Boullu </persName>
                              </respStmt>
                        </seriesStmt>
                        <sourceDesc><bibl><idno type="ArchivalIdentifier">ANOM, fonds du
                                                  Secrétariat d’Etat à la Marine et aux colonies,
                                                  COL C11A, 11, f° 171-176 v : « Mémoire sur la
                                                  ferme du Domaine d’Occident », 1690  13, f°
                                                  420-430 v : « Mémoire sur les obligations et
                                                  privilèges du fermier du Domaine d’Occident »,
                                                  1695  14, f° 331-352, « Mémoire concernant la
                                                  ferme du Domaine d’Occident au Canada », 1er mai
                                                  1696  16, f° 206-217 v, « Mémoire sur la ferme du
                                                  Domaine d’Occident », 28 décembre 1698  51, f°
                                                  318-319, affaire Aubert  52, f° 246-247, « Etat
                                                  de la recette des castors », 1730  58, f°157-159
                                                  v, « Etat général des biens appartenant au Domaine
                                                  du Roi, remis par Pierre Carlier, ancien
                                                  adjudicataire des Fermes-Unies de France et du
                                                  Domaine d’Occident », 1732  66, f° 171-202,
                                                  « Mémoire sur le Domaine d’Occident », 1741  121,
                                                  f° 239-246, Lettre de Cugnet, 22 juillet 1746 
                                                  121 f° 252 à 256 : Ordonnance du 23 mai 1733 qui
                                                  règle les limites du Domaine d’Occident appelé
                                                  Traites de Tadoussac</idno>
                                          </bibl>
                                          <bibl>Bruce G. Trigger, <hi rend="italic">Les indiens, la
                                                fourrure et les blancs. Français et Amérindiens en
                                              Amérique du Nord</hi>, trad. G. Kahl, Montréal, Editions
                                                du Boréal, 1992</bibl>
                                          <bibl> Gilles Havard, Cécile Vidal, <hi rend="italic">Histoire de l’Amérique
                                              française</hi>, Paris, Flammarion, 2003 </bibl>
                                        <bibl>Cameron Nish, « La banqueroute de François-Etienne Cugnet », <hi rend="italic">L’actualité économique</hi>, vol. 41, numéro 1, avril–juin 1965, p. 146–202</bibl>
                                    </sourceDesc></fileDesc>
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                        <projectDesc source="https://anr.fr/fr/projets-finances-et-impact/projets-finances/projet/funded/project/anr-21-ce41-0019/?tx_anrprojects_funded%5Bcontroller%5D=Fundedamp;cHash=5c64d94ca826534590e484c6f39658b3">
                              <p> Le projet FermGé vise à étudier l’impact d’une organisation
                                    fiscale (1664-1794), discriminante mais rationnelle, sur les
                                    territoires et les sociétés de la France moderne/p </p>
                        </projectDesc>
                  </encodingDesc>
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                              <keywords scheme="#fr_RAMEAU">
                                    <list>
                                          <item> Histoire -- Histoire moderne -- Histoire
                                                administrative </item>
                                          <item> Histoire -- Histoire moderne -- Histoire
                                                commerciale </item>
                                          <item> Histoire -- Histoire moderne -- Histoire financière </item>
                                          <item> Histoire -- Histoire moderne -- Histoire fiscale
                                          </item>
                                    </list>
                              </keywords>
                        </textClass>
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            <text>
                  <body>
                        <entry n="34" type="T" xml:id="Traite_de_Tadoussac">
                              <form type="lemma">
                                    <orth> Traite de Tadoussac </orth>
                              </form>
                              <sense>
                                    <def> Depuis le 16 mai 1677, l’<ref target="#adjudicataire"> adjudicataire</ref> de la
                                          Ferme du <ref target="#Occident">Domaine d’Occident
                                         </ref> bénéficiait du monopole de la traite dans un vaste
                                          espace centré sur Tadoussac. Il s’étendait depuis l’île
                                          aux Coudres au-dessous de Québec et continuait le long de
                                          la côte du fleuve Saint-Laurent jusqu’à deux lieues
                                          au-dessus des Sept-Îles. Vers l’Ouest, il s’ouvrait sur
                                          les contrées sauvages. Dans cette étendue, le droit de
                                          faire la chasse, la <ref target="#pêche"> pêche</ref> et
                                          le commerce était exclusivement réservé au <ref target="#Domaine"> Domaine</ref>. Ces terres
                                          avaient été bornées avant l’entrée du Domaine d’Occident
                                          dans le bail de la Ferme générale, mais elles furent
                                          officiellement délimitées le 23 mai 1733, après que le sieur Louis Aubert de la
                                          Chesnaye, commis par l’intendant Gilles Hocquart, en eut
                                          dressé la carte.D’abord exploitée en <ref target="#sous-fermes"> sous-fermes</ref> (celle de
                                          Riverin, puis de Guillimin) au profit de la Ferme du <ref target="#Domaine"> Domaine</ref>, la traite de
                                          Tadoussac fut affermée à Etienne-François Cugnet lorsque
                                          la Marine prit le <ref target="#Occident">Domaine d’Occident</ref> en régie. Cugnet était directeur de
                                          la Ferme depuis 1724. En 1733, il devint directeur de
                                          la régie pour le compte de la Marine et en 1737, il prit à ferme la
                                          traite de Tadoussac. Il la géra jusqu’en 1749, date à laquelle la traite passa
                                          dans les mains de la veuve Fornel, Marie-Anne Barbel, déjà
                                          installée dans la baie des Esquimaux. L’étendue du Domaine
                                          comprenait les postes de Tadoussac où l’on comptait sept
                                          familles d’Indiens et un commis du Domaine, de Chicoutoumi
                                          (un commis), le plus considérable de tous et dont
                                          dépendaient les postes du lac Saint-Jean à 30 lieues en
                                          remontant la rivière du Saguenay (1 commis), du grand et
                                          petits Mistassini (un commis et 48 familles), le poste et
                                          magasin des Ilets de Jérémie (avec l’étendue de
                                          Manikouagan, 30 familles) et le poste de la rivière Moïsie
                                          (1 commis). La seigneurie de la Malbaie fut réunie en mai 1725; la concession de feu François Byssot de La
                                                Rivière, qui allait de l’île aux Œufs
                                          jusqu’à la rivière Moïsie, en mai 1733. Les postes étaient fournis en marchandises comme
                                          les <ref target="#eaux-de-vie"> eaux-de-vie</ref>,
                                          guildives des îles, farines… En retour, la Ferme recevait
                                          les castors, renards, caribous, huiles des loups de mer…
                                          qui entraient dans la comptabilité du Domaine. Le produit
                                          brut de la traite de Tadoussac fut évalué comme suit:<ref target="#Domaine"> Domaine</ref> ne réglait pas de taxes. Lorsque la
                                          compagnie d’Occident obtint la vente exclusive des castors
                                          (1717), la traite du Domaine
                                          de Tadoussac pouvait lui être livrée dans les <orgName subtype="administrations_juridictions_fermes" type="administrations_et_juridictions"> magasins de
                                                Montréal</orgName>.Cette traite connut des aléas
                                          de gestion. Elle était concurrencée par les coureurs des
                                          bois qui empiétaient sur le <ref target="#Domaine">
                                                Domaine</ref>, mais aussi par les traites
                                          anglaises. « Les sauvages du Domaine se prétendent aussi
                                          libres que tous leurs semblables des environs, au moyen de
                                          quoy ils vont où il leur plait de traitter, soit aux
                                          Trois-Rivières, soit à Baliscan, à Termiscaming, à la Baie
                                          d’Hudson ; ceux de la Rivière Moisy vont traitter aux
                                          différents postes de Migan, et de plus, les propriétaires
                                          de ces endroits envoient leurs traitteurs jusqu’au sein du
                                          Domaine du Roy », lit-on dans un mémoire de 1746. Outre la difficulté de
                                          fidéliser les Amérindiens, il fallut compter avec les
                                          mortalités importantes des Indiens, avec la cherté des
                                          marchandises, notamment lorsque les récoltes viticoles
                                          étaient mauvaises en métropole, l’épuisement des
                                          ressources, malgré l’interdiction de tuer les jeunes
                                          castors. Cugnet, qui avait la traite à bail depuis 1737 pour la somme de 4 500
                                          livres, justifia ses choix de gestion (établissements de
                                          nouveaux postes aux lacs de Manicouagan et de Naskapis ;
                                          établissement de pêches de marsouins…), mais il fit
                                          faillite en 1742 à cause de ses
                                          prêts dans les forges de Saint-Maurice.Finalement, la
                                          traite de Tadoussac constitua bien une des ressources
                                          majeures du domaine d’<ref target="#Occident"> Occident
                                         </ref>, avec les droits à l’entrée sur les boissons, mais
                                          sa valeur demeurait très insuffisante pour couvrir les
                                          dépenses civiles et militaires sur place. </def>
                                    <listBibl><bibl><idno type="ArchivalIdentifier">ANOM, fonds du
                                                  Secrétariat d’Etat à la Marine et aux colonies,
                                                  COL C11A, 11, f° 171-176 v : « Mémoire sur la
                                                  ferme du Domaine d’Occident », 1690  13, f°
                                                  420-430 v : « Mémoire sur les obligations et
                                                  privilèges du fermier du Domaine d’Occident »,
                                                  1695  14, f° 331-352, « Mémoire concernant la
                                                  ferme du Domaine d’Occident au Canada », 1er mai
                                                  1696  16, f° 206-217 v, « Mémoire sur la ferme du
                                                  Domaine d’Occident », 28 décembre 1698  51, f°
                                                  318-319, affaire Aubert  52, f° 246-247, « Etat
                                                  de la recette des castors », 1730  58, f°157-159
                                                  v, « Etat général des biens appartenant au Domaine
                                                  du Roi, remis par Pierre Carlier, ancien
                                                  adjudicataire des Fermes-Unies de France et du
                                                  Domaine d’Occident », 1732  66, f° 171-202,
                                                  « Mémoire sur le Domaine d’Occident », 1741  121,
                                                  f° 239-246, Lettre de Cugnet, 22 juillet 1746 
                                                  121 f° 252 à 256 : Ordonnance du 23 mai 1733 qui
                                                  règle les limites du Domaine d’Occident appelé
                                                  Traites de Tadoussac</idno>
                                          </bibl>
                                          <bibl>Bruce G. Trigger, <hi rend="italic">Les indiens, la
                                                fourrure et les blancs. Français et Amérindiens en
                                              Amérique du Nord</hi>, trad. G. Kahl, Montréal, Editions
                                                du Boréal, 1992</bibl>
                                          <bibl> Gilles Havard, Cécile Vidal, <hi rend="italic">Histoire de l’Amérique
                                              française</hi>, Paris, Flammarion, 2003 </bibl>
                                        <bibl>Cameron Nish, « La banqueroute de François-Etienne Cugnet », <hi rend="italic">L’actualité économique</hi>, vol. 41, numéro 1, avril–juin 1965, p. 146–202</bibl>
                                    </listBibl></sense>
                        </entry>
                  </body>
            </text>
      </TEI>
      